dimanche 20 mars 2011

Les indiens du Mexique


Nous voilà dans l’Etat de Chaipas sur la route pour Palenque. Nous traversons les montagnes en bus. Ce trajet en bus me permet de voir des paysages que je n’ai pas vu auparavant, des paysages qu’on ne voit pas en France: des communautés d’indigènes installés dans les montagnes, au milieu de la jungle vivant dans des habitats très sommaires retirés de la société. Des cabanes en bois recouvertes d’un toit en taule. Ils se nourrissent des animaux qu’ils élèvent : poules, chèvres, porcs… de tortillas et frijoles (haricots blanc) qui ne sont pas chers et servent de coupe faim. Les indigènes sont un peuple assez petit avec de longs cheveux noirs et épais. Les femmes portent des jupes en laine qui les protègent du froid humide de Chiapas. Pendant que les hommes travaillent le maïs à la campagne, les femmes descendent en ville pour vendre l’artisanat qu’elles fabriquent elle-même. A San Cristobal de las Casas les femmes vendent beaucoup de broderies. On les sent tous très unis ces indiens, comme une grande famille lutant pour la même cause. Les familles sont nombreuses, la majeure partie des enfants ne sont pas scolarisés et vendent de l’artisanat ou des friandises dans la rue pour rapporter quelques pesos au foyer familiale à la fin de la journée.

Les images sont frappantes et font franchement réfléchir… Qu'est ce qu'on peut se sentir superficielle en voyant ça !

Bon, vous l’aurez compris, la pauvreté touche beaucoup la population de Chiapas.

Les zapatistes du parti politique EZLN ont déjà tenté de lutter contre ces injustices. Beaucoup d’indigènes sont en rébellion actuellement et bloquent certaines routes, arrêtent les autobus pour manifester.



samedi 19 février 2011

Mexico defe









San Sebastian La martinica

J'ai changé de famille il y a environ 5 bonnes semaines. Je commence à me familiariser à ma nouvelle vie. Je vis de l'autre côté de la ville rue San sebastian la Martinica. Un grand parque, "explora" est à proximité de la maison, les fameux tacos sont à l'angle de la rue et le vendeur de maïs passent tous les soirs en criant "Unos elotes por 10 pesos, 10 PESOS!"

Ma famille s'appelle Vega Garcia. Les "Garcia" qui sont de la famille de ma mère Cecilia vivent tous dans la même rue. L'ambiance y est donc très familiale. Ils ont 4 enfants: des tripplets: Enrique, Pollo et Ceci, et la petite dernière: Regina de 15 ans. Cette année les tripplets sont tous partis à l'étranger: Enrique aux Etats-Unis, Pollo en Allemagne et Ceci au Canada. C'est justement dommage qu'ils soient partis la même année. Je partage ma chambre avec une autre étudiante échange allemande, Valentina. Nous sommes très différentes mais nous avons de bonnes relations. Je dois dire que c'est quand même plus facile de vivre avec un étudiant d'échange. Nous vivons la même chose, nous nous comprenons parfaitement, pouvons échanger, partager pas mal de choses ensemble...

Ma mère ne travaille plus. Durant la semaine, elle fait du sport, voit régulièrement ses amis s'occupe de certaines tâches dans la maison... Mon père a sa propre entreprise spécialisée dans le cuire. 4 personnes s'occupent du reste des tâches ménagères dans la semaine.

Je suis très contente de mes nouveaux parents. Ils sont très chaleureux, avenants. Ils m'intègrent vraiment à leur vie de famille et me considèrent comme leur fille. C'est une famille très unie, comme la plupart au Mexique. Les enfants partagent une chambre à plusieurs pour renforcer les liens entre les frères et sœurs, la famille se retrouvent deux à trois fois par semaine pour manger et pour discuter de divers choses. Ma famille dispose d'une maison à la montagne "La sierra". Nous y allons justement plusieurs fois par moi pour se retrouver avec la famille. La maison de campagne est à 1 heure de Léon. Je monte à cheval avec Regina lors de ces weekend.

Dans la famille précédente je vivais dans une chambre à l'extérieur de la maison. J'aime davantage la situation actuelle: je partage ma chambre avec Valentina dans la maison. Je suis vraiment confrontée à la vie de famille. Il est donc beaucoup plus simple pour moi de m'intégrer.

vendredi 14 janvier 2011

San Miguel















Guadalajara

















La fin d'une étape...


Ces derniers mois n’ont pas été les plus faciles de mon échange. Ce qui explique en partie mon absence sur ce blog. Pour résumer, j’ai eu de très longues vacances de noël qui ont environ duré 2 mois. Les fêtes de fin d’année ne se sont pas passées dans l’ambiance dans laquelle elles auraient dû se passer. Les relations que j’avais avec ma famille ne l’ont pas vraiment permit.

Je vous avoue que je n’étais pas tellement dans l’ambiance de noël. Je ne suis pas vraiment habituée à passer noël sous un soleil de plomb. Noël m’évoque plutôt neige, froid d’hivers, écharpe, manteau, feu de cheminée…

Le 24 au soir, la Busqueda (lieu où je fais mon service social) organisait une messe où justement les enfants auxquels je donne des cours de chant allaient chanter une chanson en français et en espagnol. La messe était très sympa et moins traditionnelle pour moi puisqu’elle était accompagnée de musique d’Amérique Latine. Ce qui donnait un côté moins ordinaire à la messe. Les enfants ont très bien chanté. Ce qui m’a conforté dans l’idée d’organiser un petit concert en février. Pour le moment j’y travaille, nous verrons ce que cela donne. Cette messe était également l’occasion de connaître la Busqueda dans un autre cadre et de discuter avec un certain nombre de personnes d’un autre milieu social. J’ai beaucoup apprécié.

Pour le réveillon, ma famille et moi nous sommes rendus dans une grande salle où se réunissait toute la famille maternelle. Il y avait environ une centaine de personnes. Ce qui n’était pas si étonnant. Au Mexique les familles ont tendance à être beaucoup plus grande qu’en France. Le taux de fécondité est nettement plus élevé au Mexique. Évidemment il aurait fallu disposer d’une immense table pour se réunir tous ensemble. Il y avait donc un buffet, les personnes se servaient et échangeait en petit groupe. (Cela changeait beaucoup du noël habituel autour d’une table avec ma petite famille.) Nous avons chanté des chants de noël et mis Jésus dans la crèche à minuit. Dans ma famille, comme cela est fréquent au Mexique, j’ai participé à un échange de cadeaux. Un mois avant noël les noms de toute la famille sont écrits sur des bouts de papier que l’ont met dans une boîte. Chaque personne tire un nom au sort et doit offrir un cadeau à cette personne. Dans une grande famille, cela évite de se ruiner en cadeaux. Je devais donc offrir un cadeau à Angel. On m’avait déjà demandé ce que je souhaitais pour noël. Et justement j’ai eu ce que je désirais : un sombrero.

J’ai eu l’occasion ce soir là d’échanger avec la sœur de Angeles, ma mère mexicaine. Et justement, nous parlions du port du préservatif. Elle me parlait des valeurs que l’Eglise catholique lui avait transmise et notamment que le port du préservatif est interdit. Selon elle, il est important de garder sa virginité avant le mariage et d’avoir des rapports sexuels uniquement lorsqu’on désire un enfant. C’est une conception bien différente de la mienne, mais c’était très intéressant d’écouter son point de vue.

Pour le 25, mes parents avaient organisé un repas de famille chez eux. Cette fois, c’était la famille du côté paternelle. Nous sommes allés à la messe et avons discuté d’un tas de choses à table. J’ai été un peu surprise, dans ma famille il n’y avait pas de repas traditionnel de noël.

Pendant mes longues vacances de noël j’ai reçu une belge et un français deux semaines. Je dois dire que c’était très agréable d’être en leur compagnie. Leur présence m’a notamment beaucoup aidé quand ça n’allait pas plus que ça avec ma famille. Nous avons pu partager toutes nos galères et les moments géniaux qu’on a pu vivre. Enfin bon, il était temps qu’ils repartent au bout d’un moment, après deux semaines de français intensif, mon espagnol commençait à régresser. C’est dingue comme une langue peut se perdre très vite. J’aimerais justement rester en contact en France avec des espagnols et éventuellement donner des cours d’espagnol pour garder le nez plongé dans la langue et la grammaire.

Je me suis rendue à Guadalajara avec ma famille. C’est une très grande ville industrielle mais le centre ville est très beau. Il a été très conservé. On y trouve de très beaux bâtiments anciens. Bien que Léon soit une grande ville, la mentalité à Guadalajara est plus ouverte. Léon reste quand même une ville encore très conservatrice. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de Guadalajara. Il y a justement pas mal d’indigènes (que l’on trouve surtout dans le sud du Mexique). Qu’ils sont beaux ces indigènes avec leur cheveux épais, leurs grands yeux noirs, leur teint mate et leurs vêtements traditionnels. Je souhaitais prendre une photo d’une femme avec son enfant sur le dos. Je me suis donc approchée d’elle pour lui demander. La femme s’est précipitée pour demander l’autorisation à son mari. (La femme indigène ne prend aucune décision seule. L’homme la frappe quand elle n’obéit pas). Son mari a refusé. « Prendre une photo d’un indigène c’est lui voler son âme ».

Je suis allée également une journée à San Miguel de Allende. C’est un très petit village coloniale. L’ambiance y est très particulière. La majorité de la population de San Miguel sont des « gringo », des américains (le terme est tout le temps employé au Mexique mais relativement péjoratif. Il vient de « green go » en faisait référence aux militaires américains). Ces américains viennent après la retraite mener une vie calme à San Miguel. L’artisanat y est très beau et bon goût. Il y d’ailleurs un petit marché artisanal très sympa.

J’ai repris les cours lundi. Comme je changeais de semestre, j’ai eu l’occasion de choisir mes matières à nouveau. J’ai donc choisi anglais, art et culture, actualités mondiales, société actuelle mexicaine et espagnol. J’aime beaucoup société actuelle mexicaine, ça me permet justement de comprendre et connaître mieux le pays dans lequel je fais mon échange. J’ai une professeure d’anglais très bien. Elle est justement américaine. C’est très agréable d’avoir une professeure qui n’a aucun accent et qui parle l’anglais parfaitement.

Dimanche je change de famille. C’est un peu une période, une étape de mon voyage qui s’achève. Qu’on le veuille ou non on est un peu obligé de faire le bilan. Je suis presque à la moitié de mon échange. J’ai déjà vécu un certain nombre de choses. D’après mois, en 5 mois on peut déjà bien s’imprégner d’une culture. J’ai appris pas mal de choses déjà sur le mode de vie mexicain. J’ai dialogué avec différentes personnes de niveaux sociaux différents et assimiler un certain nombre de choses. Je reste curieuse, je souhaite découvrir beaucoup encore. La seconde partie de mon voyage sera aussi culturelle que la première. Je vais pas mal voyager et découvrir les merveilles de ce pays. Justement ma famille arrive dans un mois et demi et nous commençons notre périple.

jeudi 23 décembre 2010

Les célébrations de noël


Noël au Mexique est très influencé par la religions catholique. Les célébrations de noël commencent le 16 Décembre avec des "posadas" (auberge en espagnol). Les mexicains commémorent le voyage de Joseph et de la vierge Marie 9 jours avant la naissance du Christ.
Les posadas sont des réunions de famille où l'on se retrouve pour prier, pour recreer le voyage de Joseph et marie en chantant. Les invités se divisent en deux groupes: les pèlerins qui restent à l'extérieur de la maison et la famille qui a accueilli Joseph et Marie dans une crèche qui invite les pèlerins à rentrer dans la maison pour continuer la fête.
Les posadas sont également souvent accompagnées d'une "pastorela", pièce de théâtre qui met en scène la naissance du Christ.
Les enfants jouent à crever des piñatas, des étoiles en papier mâché dont les 7 branches représentent les 7 pêchés capitaux, suspendues en hauteur avec des bâtons pour en faire tomber les sucreries et les fruits dont elles sont remplies.

Cette célébration est évidemment accompagnée de boissons comme le ponche (avec plusieurs fruits), l'atole (à base de farine de maïs) et des tamales (papillote à partir de farine de maïs). Et des fleures Poinsettia ou flor de noche buena décorent les tables.

Ici, le père noël s'appelle Santa Claus. Mais finalement, il a plutôt un rôle décoratif et commercial. Ce sont Saints Rois ou magiciens (Melchor, Gaspar et Baltazar) qui apportent les cadeaux aux enfants le 6 janvier. Selon la légende, les Rois Mages arrivent a la maison sur un cheval, un éléphant et un chameau. Les enfants de familles aisés reçoivent des cadeaux le 24 et le 6 janvier. Dans les familles plus modestes, ils n'en reçoivent que le 6 janvier.

Les mexicains font un sapin de noël et mettent un "nacimiento", une crèche.

Ce noël s'annonce évidemment très particulier pour moi. Il fait 30 degrés dehors, je passe noël en tong et lunettes de soleil dans un milieu qui ne m'est pas familier à l'autre bout du monde et sans ma famille française et allemande. Je ne suis pas tellement dans l'ambiance de noël pour être sincère, noël sous le soleil et sans la neige c'est assez particulier... J'ai hâte de voir le déroulement de ces prochains jours. En vous embrassant tous très fort.

Feliz Navidad